Cher Monsieur l’assureur,
J’imagine sans peine l’angoisse qui s’empare de vous lorsque vous recevez un courrier de ma part, et c’est la raison pour laquelle je tiens à vous rassurer (pour une fois) immédiatement : je n’ai pas eu de sinistre !
Connaissant votre absence totale d’imagination et le peu d’intérêt que vous portez aux choses de l’esprit (voire même à l’esprit tout court), je sais combien il serait vain de jouer aux devinettes avec vous, et je préfère en venir directement à l’objet de cette sautillante correspondance pour vous annoncer : mafemmesebarre.com.
Je pré-suppose que vous vous réjouissez déjà lâchement de mon naufrage, et que vos petits yeux sournois brillent de l’éclat de toute votre mesquinerie.
C’est de bonne guerre, je sais que vous avez mal digéré nos dernières mésaventures.
Notamment quand ma belle mère a réclamé 50 000 € de pretium doloris après s’être pathétiquement et lamentablement vautrée sur le skateboard de mes gamins (3 mois d’hospitalisation, 7 mois de rééducation).
Sans oublier ce spectaculaire incendie de cuisine qui a dévasté l’intégralité de notre maison ainsi que celle des voisins.
Evidemment, on se rappelle tous quand ma femme a percuté ce car de personnes âgées si fragiles (11 blessés graves, 27 blessés légers, une voiture et un car économiquement irréparables).
Enfin, c’est le jeu, non ?
Ceci étant, ma femme s’étant tirée avec la maison, sa mère, les enfants et sa voiture, je vous remercie par avance de bien vouloir transférer toutes les polices au nom de mon ex-femme, et de ne plus m’adresser les avis d’échéance correspondants.
En ce qui me concerne, n’ayant plus rien si ce n’est des dettes (prestation compensatoire et autres pensions diverses), mon budget assurances s’en est trouvé singulièrement anéanti. Je ne manquerai pas de reprendre contact avec vous si je parviens à me refaire.
Espérant que cette petite réflexion ne ternira pas cette complicité affectueuse qui nous lie, je vous prie d’agréer, Monsieur l’assureur, l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.