Chère… Chère ?
Comme c’est amusant ! J’ai déjà oublié votre prénom !
Quelques surnoms douteux me reviennent, comme « Zorg », « Tentacules » ou encore « la chose », mais impossible de remettre la main sur le prénom que vous ont donné vos parents, pour autant que vous en ayez eu et que vous soyez donc humaine.
Ceci étant, l’objet de cette ultime correspondance était simplement de vous dire adieu, et de vous confirmer le retour chez vous de votre fille, Françoise.
Comme vous le savez, et d’ailleurs sans doute depuis plus longtemps que moi, mafemmesebarre.com.
J’espère sans y croire que vous mettrez autant d’énergie à l’aider à reconstruire sa vie que ce que vous en avez consacré au démontage de notre couple. En attendant que notre divorce soit prononcé, vous pourrez vous pavaner dans notre maison, territoire nouvellement conquis sur lequel vous allez fièrement défiler comme d’autres l’ont fait il y a plus de 60 ans sur les Champs Elysées. J’espère à ce propos que vous connaîtrez la même fin qu’eux…
Je ne résiste pas à l’envie de vous dire que vous resterez à jamais pour moi le contre-exemple d’une mère, le contre exemple d’une épouse et le contre exemple d’une grand-mère. Un succès total !
Et pourtant, comme dans toute expérience, même loupée, il y a du positif et je vous remercie de m’avoir si bien montré l’hypocrisie des faibles, la faiblesse des lâches, et la lâcheté des imbéciles. Pour cette raison je ne vous hais pas. D’autant moins que je vous crois sincèrement assez con pour être quelque part flattée par le simple fait de susciter de la haine.
Mais revenons à nos moutons : vous avez vampirisé notre vie et l’emprise psychologique castratrice que vous exercez sur votre entourage a fait son office.
Votre bien aimable époux que vous avez depuis longtemps émasculé n’ayant jamais pu reprendre le contrôle du manche, vous avez logiquement pensé pouvoir étendre votre minable dictature à mon foyer.
Comme je vous l’ai dit, quitte à souffrir une dictature, je préfère aller à Cuba. Les cigares et les putes y sont bien meilleurs.
Ceci étant, vous avez maintenant ramené tous les membres de la secte dans votre temple de la connerie, et vous allez pouvoir dispenser de judicieux conseils pour me dépouiller autant que possible. L’idéal étant bien entendu que je doive emprunter pour vous laisser sécher sur votre tas d’or.
Je vous souhaite plein de mauvaises choses, en commençant par « que le cul te pèle » comme on dit chez nous.
Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont, et c’est donc avec une certaine amertume que j’en déduis que vous nous survivrez à tous. Puissiez-vous néanmoins, à l’aube de votre dernier jour, prendre conscience de la minable et toute petite trace marron que laissera brièvement votre existence dans l’histoire de l’aventure humaine, réduite pour vous à un ridicule groupuscule de cloportes asservis.
Regrettant par avance de ne pouvoir assister à vos derniers instants, je vous prie de croire, chère rien, en l’expression de mon plus profond mépris.
Bruno
PS : Françoise m’a dit qu’il y avait une odeur abominable et incompréhensible dans votre voiture. Je pense que c’est le recyclage de votre haleine par le circuit de la clim. Non non, ne me remerciez pas…