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Forum 3D

Tea culpa

Maître, la parole est à la défense.

« Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Jurés,

Les 7 péchés conjugaux, quelle belle allégorie ! 

Je ne peux résister à la tentation de reprendre la démonstration contre Françoise à qui je  pourrais reprocher :

- La paresse d’avoir si mal réfléchi et si peu dit,
- La gourmandise d’une alcoolique,
- l’envie de la liberté de ses nombreuses amies divorcées,
- l’orgueil d’une femme qui pense se priver d’une grande carrière professionnelle pour élever ses enfants,
- l’avarice d’une femme qui veut que l’on finance sa liberté et qui pense ainsi monnayer dignement le prix de son honneur, confondant le respect et l’argent,
- la luxure, jamais prouvée, mais tellement probable
- et la colère de n’avoir pu inféoder son mari à ses parents.

Démarche malheureusement stérile qui nous renvoie face à deux coupables.

Alors laissons-nous tenter par un raisonnement a contrario : que se serait-il passé si Monsieur X ne s’était rendu coupable des 7 péchés du réquisitoire ?

Au risque de vous surprendre, la situation serait identique : Françoise se serait barrée après une dépression, et vous seriez en train de juger Monsieur X sur son contraire.

- Si Monsieur X avait moins travaillé et passé plus de temps à jouer avec ses enfants, n’auriez-vous pas parlé de la paresse d’un homme sans ambition professionnelle ?
- Sans gourmandise, Monsieur X n’aurait il pas été un ingrat qui n’appréciait pas les efforts culinaires de sa bienveillante épouse ?
- Sans l’envie de contrôler les pensées de Françoise, n’auriez-vous pas évoqué un désintérêt certain pour sa femme ?
- Sans orgueil, vous lui reprocheriez la faiblesse de caractère d’un homme écrasé par sa belle famille.
- Sans avarice, vous verriez un individu consternant de mépris qui préfère payer pour ne plus entendre parler de Françoise.
- Sans luxure post vie commune, vous imagineriez des troubles sexuels probablement responsables de la détérioration de la relation de couple.
- Et sans colère, que penser d’un père disposé à perdre sa garde alternée simplement pour avoir la paix, en dépit de l’intérêt des enfants et des parents ?

Sommes-nous face à 2 victimes ou 2 co-auteurs ?

Le vrai coupable est-il dans cette salle ?

Oui il est là, ce n’est pas Françoise, ce n’est pas Monsieur X, c’est le mariage. La vie de couple est criminogène, et c’est la raison pour laquelle je demande pour mon client, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Jurés, la relaxe.